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Fixation d'un panneau solaire : sur tuiles, toit plat, au sol ou au mur, ce qu'il faut savoir

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En brefSur un toit en tuiles, les panneaux se fixent sur des rails portés par des crochets qui passent entre les tuiles et se vissent dans les chevrons. D'après une étude de l'Agence Qualité Construction, les fuites sont le premier désordre des installations en toiture, et 88 fuites sur 114 venaient d'une mauvaise pose. Un kit plug and play posé au sol doit être fixé ou au moins lesté.
Techniciens sur un échafaudage en train de poser des panneaux solaires sur un toit
Photo : Cocreatr, CC BY-SA 2.0, via Wikimedia Commons (redimensionnée).

La fixation d’un panneau solaire assure à la fois sa tenue au vent et l’étanchéité du toit. Inadaptée ou mal posée, elle peut provoquer des fuites, casser la couverture ou laisser le vent arracher les modules. Voici comment on fixe des panneaux selon le support, ce que disent les guides des professionnels du bâtiment, et les erreurs qui reviennent dans les sinistres.

Sur le toit : surimposition ou intégration ?

Il existe deux façons de poser des panneaux sur un toit en pente, d’après photovoltaique.info, le centre de ressources de l’association Hespul :

  • la surimposition : les panneaux sont posés au-dessus des tuiles ou des ardoises, qui restent en place. C’est la technique la plus utilisée aujourd’hui ;
  • l’intégration au bâti : les panneaux remplacent une partie de la couverture et assurent l’étanchéité. Cette technique a fortement reculé.

L’intégration a reculé après la fin de sa prime spécifique, en septembre 2018, d’après le guide du programme PACTE. Elle était associée à de nombreuses fuites. La surimposition limite les risques d’atteinte à l’étanchéité et ventile mieux les panneaux, mais ses fixations traversent quand même la couverture et doivent être soignées. Elle ajoute aussi du poids sur la charpente.

Comment fixer des panneaux sur des tuiles ?

D’après le guide professionnel du programme PACTE, publié par l’Agence Qualité Construction (AQC), une pose en surimposition comprend :

  1. des pattes de fixation, souvent en forme de crochet, qui passent entre deux tuiles dans le sens de la pente ;
  2. ces pattes sont vissées dans les chevrons de la charpente, avec plusieurs vis, et non dans les liteaux ;
  3. des rails (profilés) fixés sur les pattes ;
  4. des brides qui serrent les panneaux sur les rails : simples en bout de rangée, doubles entre deux panneaux.

Deux règles de ce guide évitent la plupart des problèmes. La patte ne doit jamais s’appuyer sur la tuile, même avec le temps, sinon la tuile casse. Et, pour les poses qu’il traite, il faut laisser une lame d’air de 5 à 20 cm entre les tuiles et les panneaux. La notice du procédé de fixation reste la référence.

Deux installateurs fixent des panneaux solaires sur les rails d'un carport en bois
Pose de panneaux sur leurs rails, ici sur un carport : les brides serrent chaque module sur les profilés. Photo : Asurnipal, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons (redimensionnée).

Chaque kit a son domaine d’emploi

Il n’y a pas de kit universel. Les procédés de fixation font l’objet d’évaluations techniques : l’avis technique (ATec), délivré par une commission sur instruction du CSTB, ou l’enquête de technique nouvelle (ETN), établie par un bureau de contrôle, d’après photovoltaique.info. Elles fixent la pente, le type de tuile et les zones de neige et de vent admises.

Ces documents priment sur les guides généraux. Ils peuvent aussi interdire de poser des panneaux près des rives du toit et imposer de garder des rangs de tuiles au faîtage, d’après le guide PACTE. Le guide ne vise pas la montagne, au-dessus de 900 m d’altitude.

La charpente supporte-t-elle les panneaux ?

D’après photovoltaique.info, des panneaux en surimposition ajoutent de l’ordre de 15 à 20 kg par m² sur le toit, selon le système. La résistance de la charpente doit être évaluée avant la pose.

La neige appuie sur les panneaux, le vent les pousse ou les soulève et tire sur les fixations. Pour chaque chantier, le guide PACTE demande de vérifier les charges de neige et de vent propres au toit. Elles dépendent du lieu, de la hauteur du bâtiment et de la position des panneaux. La charpente doit aussi être examinée, au besoin par un bureau d’études. L’étude de l’AQC note que la surimposition provoque peu de fuites, mais fait courir plus de risques à la solidité de la charpente.

Les fuites : le premier sinistre, souvent dû à la pose

L’AQC a analysé 195 rapports d’expertise sur des installations en toiture posées entre 2008 et 2012. Un même dossier peut compter plusieurs désordres :

Type de désordre relevéNombre
Défaut d’étanchéité114
Incendie38
Dysfonctionnement électrique31
Rupture des modules19

Sur les 114 fuites, 88 venaient d’une mauvaise mise en œuvre, surtout à la jonction entre les panneaux et la toiture. Parmi les causes citées : un kit cloué sur les liteaux au lieu des vis prévues, des vis trop serrées, ou des vis trop longues qui percent la membrane d’étanchéité. La réparation d’une fuite coûtait en moyenne 8 200 €.

Ces données datent d’une époque où l’intégration au bâti dominait. Il n’existe pas d’étude aussi détaillée et plus récente sur la surimposition.

Toit plat : visser ou lester ?

Sur un toit plat, les panneaux courants sont posés en surimposition, d’après photovoltaique.info. Ils peuvent être fixés à la structure ou lestés avec des poids. Le vent y exerce des efforts très importants.

Aucune source neutre ne donne une masse de lest par panneau : elle dépend de la note de calcul du fabricant, selon la zone de vent, la hauteur du bâtiment et la position sur le toit. Sur un toit existant, photovoltaique.info conseille de poser les panneaux au moment de refaire l’étanchéité, et de vérifier la compatibilité du revêtement.

Au sol et au mur : le cas des kits plug and play

Selon le modèle et ses accessoires, un kit plug and play peut se poser au sol, sur un mur, sur un balcon ou en toiture, d’après photovoltaique.info. Le site conseille de le fixer, ou au minimum de le lester, pour qu’il résiste aux intempéries. Lors de l’essai comparatif de l’INC avec l’ADEME, presque tous les fabricants demandaient de lester les panneaux posés au sol.

Support mural pour panneau solaire : fixation et vent

Au mur, les notices de fabricants rappellent souvent que les chevilles ne sont pas fournies : elles dépendent du mur (béton, brique creuse, bois), de son état et des efforts du vent. Vérifiez que la façade ou le garde-corps supporte le poids et la prise au vent, et suivez la notice du support. En cas de doute sur la façade, faites-la vérifier par un professionnel. Aucun guide public ne traite spécifiquement la fixation murale d’un kit.

Au sol, hors secteur protégé, une installation de moins de 3 kW qui ne dépasse pas 1,80 m de haut est dispensée de formalité, d’après Service-Public. En secteur protégé, une déclaration préalable est nécessaire. Voir notre page panneau solaire au jardin et notre page panneau solaire plug and play. Pour choisir l’angle du support, voir inclinaison et orientation.

Une fuite après la pose de panneaux est-elle couverte par la décennale ?

Le guide PACTE prévient qu’une assurance décennale ne couvre en général que les « techniques courantes », d’où l’intérêt d’un procédé sous évaluation technique valide. Il signale aussi un risque de conflit entre le couvreur et l’installateur quand une couverture existante est modifiée.

Pour des panneaux ajoutés sur un toit existant, la décennale n’est pas automatique. Depuis un revirement de la Cour de cassation de mars 2024, un équipement ajouté à un bâtiment existant relève en principe de la responsabilité contractuelle de l’entreprise. La décennale ne joue que s’il constitue lui-même un ouvrage. Tout dépend de la nature des travaux. Demandez à l’installateur son attestation d’assurance, et vérifiez qu’elle couvre bien le photovoltaïque.

Les erreurs à éviter

  • Fixer les crochets dans les liteaux : ils doivent être vissés dans les chevrons.
  • Laisser la patte appuyer sur la tuile : la tuile finit par casser.
  • Serrer trop fort ou prendre des vis trop longues : deux causes de fuites relevées par l’AQC.
  • Poser un kit au sol sans le lester : le vent peut le renverser.
  • Utiliser de la visserie zinguée en bord de mer ou en ville : d’après le guide PACTE, elle est réservée aux zones rurales et non polluées.

Sources

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