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Autoconsommation solaire : consommer son électricité, et pourquoi c'est devenu la clé

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En brefL'autoconsommation solaire consiste à utiliser vous-même l'électricité de vos panneaux au moment où ils produisent. Depuis juin 2026, le surplus vendu ne rapporte que 1,1 centime par kWh, alors qu'un kWh consommé évite un achat d'environ 20 centimes. D'après notre simulation à Lyon, passer de 3 à 6 kWc n'augmente presque pas l'électricité utilisée par une maison qui consomme 300 W en continu. Dimensionnez sur votre consommation de journée.
Vue aérienne d'une maison dont le toit porte des panneaux solaires, entourée de jardins et de voitures
Photo : Ellen Whisk, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons (redimensionnée).

Des panneaux solaires ne font baisser votre facture que si vous utilisez leur électricité au moment où ils la produisent. C’est le principe de l’autoconsommation. Depuis la réforme de juin 2026, le surplus vendu par une nouvelle installation ne rapporte plus que 1,1 centime par kWh. L’autoconsommation est donc devenue déterminante pour la rentabilité, avec le prix de l’installation et sa durée de vie.

Autoconsommation, autoproduction : deux taux à ne pas confondre

Hespul, l’association qui anime le site photovoltaique.info, définit deux indicateurs :

  • le taux d’autoconsommation : la part de la production solaire consommée sur place, au moment même. Le reste part sur le réseau ;
  • le taux d’autoproduction : la part de votre consommation couverte par vos panneaux.

En général, quand la puissance augmente, le taux d’autoconsommation baisse et le taux d’autoproduction monte, si la consommation ne suit pas. Une petite installation a un fort taux d’autoconsommation, car presque tout ce qu’elle produit est utilisé, mais elle ne couvre qu’une petite partie de vos besoins. Une grande installation couvre davantage vos besoins, mais une grosse part de sa production part sur le réseau. Hespul met en garde contre les deux excès : sous-dimensionner pour afficher 100 % d’autoconsommation, ou surconsommer en journée juste pour « utiliser » le solaire.

Combien vaut un kWh consommé, combien un kWh vendu ?

Un kWh que vous consommez vous-même évite un achat au tarif de votre contrat : 20,01 centimes TTC en option Base au 1er août 2026, d’après EDF. Un kWh vendu à EDF OA rapporte 1,1 centime pour une demande de raccordement déposée depuis le 5 juin 2026, d’après photovoltaique.info. Le premier vaut donc environ 18 fois le second.

Les détails du contrat d’achat sont sur notre page EDF OA.

Panneau solaire en autoconsommation : quelle puissance choisir ?

Nous avons rejoué heure par heure la production de panneaux orientés plein sud et inclinés à 30° à Lyon, avec les données PVGIS 2021 à 2023. En face, nous avons supposé une consommation constante de 300 W à toute heure, soit 7,2 kWh par jour. C’est une hypothèse de calcul pour comparer les puissances, pas le profil réel d’un foyer, dont la consommation varie d’une heure à l’autre.

PuissanceProductionConsommée sur placeTaux d’autoconsommationValeur de l’électricité par an
1 kWc1 300 kWh810 kWh63 %environ 170 €
3 kWc3 900 kWh1 040 kWh27 %environ 240 €
6 kWc7 800 kWh1 130 kWh14 %environ 300 €

La valeur additionne l’électricité consommée, comptée à 20,01 centimes, et le surplus vendu à 1,1 centime. Ce n’est ni un bénéfice ni un délai de remboursement : le prix de l’installation et son entretien ne sont pas comptés. Votre économie réelle dépend aussi de votre contrat d’électricité. Doubler la puissance de 3 à 6 kWc ajoute à peine 90 kWh consommés : le reste de la production supplémentaire part sur le réseau pour quelques dizaines d’euros.

Ce calcul a une limite : dans la réalité, la consommation varie d’une heure à l’autre. Un lave-linge lancé à midi ou un chauffe-eau qui chauffe en journée font monter la part consommée. Une consommation de fond plus faible, 200 W par exemple, la fait baisser. Le principe reste le même : la bonne taille d’installation se calcule à partir de ce que la maison consomme entre 10 h et 17 h, pas de sa consommation annuelle.

Trois façons d’utiliser sa production

Autoconsommation sans injection. Toute la production est consommée sur place, rien n’est vendu. C’est le cas des kits plug and play. D’après photovoltaique.info, il faut quand même le déclarer à Enedis, gratuitement, en s’engageant à ne pas injecter. L’acceptation vaut convention d’autoconsommation sans injection. Voir notre page panneau solaire plug and play.

Autoconsommation avec vente du surplus. Vous consommez ce que vous pouvez, et ce qui reste part sur le réseau, acheté par EDF OA. Il faut une demande de raccordement auprès d’Enedis, pour une installation fixe. Pour la plupart des petites installations résidentielles, photovoltaique.info indique qu’il n’y a pas de travaux de raccordement si le compteur Linky fonctionne.

Vente de la totalité. Toute la production est vendue, la maison n’en profite pas directement. Depuis le 28 mars 2025, ce choix n’est plus soutenu jusqu’à 9 kWc, d’après EDF OA.

Comment consommer davantage sa propre électricité

  • Décaler les appareils : lave-linge, lave-vaisselle, sèche-linge ou pompe de piscine en milieu de journée, avec leur programmateur.
  • Piloter le chauffe-eau pour qu’il chauffe quand les panneaux produisent, au lieu de la nuit.
  • Recharger une voiture électrique quand elle est à la maison en journée.
  • Stocker le surplus dans une batterie, pour le soir : voir kit solaire avec batterie. Les offres de batterie virtuelle proposent un stockage comptable sur le réseau, contre un abonnement.

Évitez en revanche de créer des consommations inutiles juste pour utiliser le solaire : un kWh non consommé reste la meilleure économie.

Sources

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