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Évolution du prix de l'électricité en France : historique depuis 2012 et perspectives 2027

Mis à jour le

Au tarif réglementé en option Base 6 kVA, le kWh passe de 12,63 centimes TTC en juillet 2012 à 25,16 en février 2024. Il est à 20,01 centimes depuis le 1er août 2026. Pour 4 500 kWh par an, abonnement compris, la facture passe de 651 € à 1 091 €. Le prochain mouvement est prévu au 1er février 2027 : aucun montant officiel n'est encore connu.
Graphique du prix du kWh au tarif réglementé, option Base 6 kVA : 12,63 centimes en 2012, 25,16 centimes en février 2024, 20,01 centimes en août 2026
Schéma : Autonomie Électrique, d'après les données de la CRE.

L’évolution du prix de l’électricité en France tient en trois temps depuis 2012 : une hausse régulière jusqu’en 2021, une flambée jusqu’en février 2024, puis une forte baisse suivie d’une légère reprise. Le tableau ci-dessous repose sur les données ouvertes de la Commission de régulation de l’énergie (CRE). Les factures et les pourcentages sont notre calcul. Notre site n’a aucun lien avec EDF ni avec un fournisseur.

Le prix de l’électricité année par année depuis 2012

Le tarif réglementé est le prix encadré par les pouvoirs publics, proposé par EDF et les entreprises locales de distribution. L’option Base applique le même prix du kWh à toute heure, et 6 kVA est la puissance de l’abonnement. Voici ce tarif au 1er août de chaque année. Pour 2012, c’est celui entré en vigueur le 23 juillet.

Au 1er aoûtPrix du kWh, TTCAbonnement par an, TTCFacture à 2 500 kWhFacture à 4 500 kWhÉvolution à 4 500 kWh
201212,63 centimes82,98 €399 €651 €référence
201313,29 centimes84,05 €416 €682 €+ 4,7 %
201413,29 centimes84,05 €416 €682 €stable
201514,37 centimes86,49 €446 €733 €+ 7,5 %
201615,03 centimes88,39 €464 €765 €+ 4,3 %
201714,66 centimes99,92 €466 €760 €- 0,7 %
201814,50 centimes110,55 €473 €763 €+ 0,5 %
201915,24 centimes119,72 €501 €806 €+ 5,6 %
202015,57 centimes128,52 €518 €829 €+ 2,9 %
202115,58 centimes137,66 €527 €839 €+ 1,2 %
202217,40 centimes136,85 €572 €920 €+ 9,7 %
202322,76 centimes149,96 €719 €1 174 €+ 27,6 %
202425,16 centimes151,86 €781 €1 284 €+ 9,4 %
202519,52 centimes185,94 €674 €1 064 €- 17,1 %
202620,01 centimes190,81 €691 €1 091 €+ 2,5 %

Méthode : abonnement annuel plus prix du kWh multiplié par la consommation, à consommation identique chaque année. Pour 2026 : 190,81 € + 4 500 × 0,2001 € = 1 091 €. Les pourcentages sont calculés avant arrondi. Vous pouvez refaire ce calcul avec les données ouvertes de la CRE.

Ces factures sont théoriques : elles appliquent le tarif du jour sur douze mois, et ne mesurent pas une dépense observée. Les consommations de 2 500 et 4 500 kWh sont des cas de référence, et non des moyennes de tous les foyers. La CRE utilise elle-même 4 500 kWh dans ses exemples. Une date au 1er août ne montre pas tout : le pic de 25,16 centimes a duré du 1er février 2024 au 31 janvier 2025.

Comment le prix du kWh a-t-il évolué sur 10 ans ?

Entre août 2016 et août 2026, le kWh passe de 15,03 à 20,01 centimes TTC, soit + 33,1 %. Pour 4 500 kWh par an, la facture passe de 765 € à 1 091 €, soit + 42,7 %, par notre calcul. Elle monte plus vite que le kWh parce que l’abonnement a plus que doublé.

Depuis 2012, l’abonnement à 6 kVA passe de 82,98 € à 190,81 € par an. L’écart pèse surtout sur les petits consommateurs : à 2 500 kWh par an, la facture a augmenté de 73 %, contre 68 % à 4 500 kWh. Une partie vient de la TVA de l’abonnement, passée de 5,5 % à 20 % le 1er août 2025.

Par rapport au sommet de 2024, la facture à 4 500 kWh a baissé de 15 %. Elle reste 30 % au-dessus de son niveau d’août 2021, avant la hausse de février 2022.

De quoi est fait le prix de l’électricité ?

D’après la CRE, le niveau moyen du tarif réglementé repose sur trois blocs :

  • l’approvisionnement : ce que coûte l’électricité achetée par le fournisseur, dont la part achetée sur les marchés est lissée sur deux ans ;
  • les réseaux : le TURPE, le tarif qui paie l’utilisation et l’entretien des lignes ;
  • les taxes : l’accise, une taxe sur l’électricité consommée, la contribution tarifaire d’acheminement (CTA) et la TVA.
Poteau et fils électriques d'une ligne basse tension dans un ciel gris
Lignes de distribution : le tarif des réseaux est l'un des trois blocs du prix, avec l'approvisionnement et les taxes, d'après la CRE. Photo : Kuremu Sakura, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons (redimensionnée).

Pourquoi le prix a flambé, puis baissé

Depuis 2022, chaque mouvement s’explique par un mélange de prix de marché et de décisions de l’État. Les pourcentages de ce tableau sont des moyennes TTC données par la CRE, sauf février 2024, où nous indiquons notre calcul pour une option précise.

DateÉvolutionCe qui s’est passé
1er février 2022+ 4 %Bouclier tarifaire. Sans lui, le tarif hors taxes aurait grimpé de 44,5 %, d’après la CRE. L’accise est abaissée à 1 € par MWh
1er août 20220 %Tarif gelé
1er février 2023+ 15 %Bouclier maintenu. Sans lui, la CRE chiffre la hausse théorique à 80 %
1er août 2023+ 10 %Nouvelle hausse moyenne, encore après gel selon la CRE
1er février 2024+ 9,4 % en Base 6 kVA à 4 500 kWh (notre calcul)Le tarif hors taxes bouge à peine, + 0,18 %. L’accise remonte, ce qui fait la hausse TTC
1er février 2025- 15 %Prix de marché en fort recul. L’accise revient pourtant à son niveau d’avant-crise
1er août 2025- 0,34 %Accise en baisse, TVA de l’abonnement relevée à 20 %. L’abonnement monte d’environ 23 € par an, la part électricité baisse de 27 €
1er février 2026- 0,74 % pour les résidentielsCoût d’approvisionnement en baisse, premier tarif après la fin de l’ARENH
1er août 2026+ 2,5 %Tarif des réseaux en hausse, nouveau mécanisme de capacité, qui rémunère des moyens disponibles pendant les pics de demande

D’après la CRE, le bouclier a été le principal élément de protection des consommateurs pendant la crise. La sortie s’est faite par les taxes : le tarif hors taxes a reculé de 22,61 % en février 2025, quand le TTC ne baissait que de 15 %. L’accise remontait au même moment.

L’ARENH, ou accès régulé à l’électricité nucléaire historique, permettait aux fournisseurs d’acheter à EDF une partie de son électricité nucléaire à prix régulé. Il a pris fin le 31 décembre 2025. Depuis, les fournisseurs s’approvisionnent en totalité sur les marchés ou avec leurs propres moyens de production, d’après la CRE. Sa disparition n’entraîne donc pas à elle seule une baisse des prix.

Plusieurs chiffres officiels peuvent circuler pour un même mouvement, sans se contredire. Le premier écart oppose le HT et le TTC. Le second tient au périmètre : en février 2026, la CRE donne - 0,83 % TTC pour tous les tarifs bleus, professionnels compris, et - 0,74 % pour les seuls résidentiels.

Ces mouvements ne s’appliquent pas automatiquement à tous les contrats. La CRE distingue les offres à prix indexé, liées par exemple au tarif réglementé ou au prix de marché, et les offres à prix fixe.

L’électricité a-t-elle augmenté plus vite que l’inflation ?

Oui, sur la période. D’après l’Insee, l’indice général des prix à la consommation a augmenté de 22,9 % entre juillet 2012 et décembre 2025. Notre facture type à 4 500 kWh passe de 651 € à 1 064 € avec le tarif en vigueur en décembre 2025, soit + 63,4 %. Le kWh seul gagne 54,6 %.

Si cette facture avait suivi l’indice général, elle aurait atteint environ 801 € fin 2025, soit 263 € de moins par an. C’est une simulation en euros courants, pas une facture observée. Le calcul s’arrête en décembre 2025, dernier mois de la série de l’Insee en base 2015 que nous utilisons.

Et avant 2012 ?

Le fichier de la CRE commence en juillet 2012. Pour la période précédente, l’Insee indique une hausse très modérée du prix nominal : + 2,6 % entre 1986 et 2007. D’après la même étude, les prix ont ensuite augmenté plus vite que l’inflation entre 2009 et 2016. La part des taxes et prélèvements est passée de 26 % à 35 % du prix entre 2010 et 2016.

L’électricité française est-elle chère en Europe ?

Au premier semestre 2026, un foyer français consommant entre 2 500 et 4 999 kWh par an paie en moyenne 24,85 centimes le kWh, toutes taxes comprises, d’après Eurostat. C’est 12 % de moins que la moyenne de l’Union européenne, selon notre calcul.

PaysPrix moyen du kWh, toutes taxes
Allemagne36,18 centimes
Belgique35,75 centimes
Italie31,42 centimes
Union européenne28,32 centimes
Espagne25,09 centimes
France24,85 centimes

Ces moyennes nationales incluent toutes les offres et pas seulement le tarif réglementé : ne les comparez pas directement à notre tableau. Elles sont en euros courants : elles ne tiennent pas compte du niveau de vie de chaque pays.

Hausse de l’électricité en 2026 : que s’est-il passé ?

L’année compte deux mouvements. Le 1er février, le tarif baisse de 0,74 % en moyenne pour les résidentiels. Le 1er août, il augmente de 2,5 % en moyenne. D’après la CRE, cette hausse fait environ 26 € par an pour 4 500 kWh, de 1 046 € à 1 072 €.

Ce montant est une moyenne entre options, d’où l’écart avec notre tableau. En Base 6 kVA à 4 500 kWh, notre calcul donne 1 064 € en août 2025, 1 061 € en février 2026 et 1 091 € en août 2026. N’additionnez pas les deux pourcentages officiels : ce sont des moyennes, qui ne décrivent pas une option précise.

Augmentation de l’électricité en 2027 : une hausse en février ?

Le prochain mouvement est prévu au 1er février 2027. Au 2 novembre 2026, nous n’avons trouvé aucun nouveau barème ni aucun montant officiel. L’effet net sur la facture reste donc inconnu. Plusieurs éléments sont déjà identifiés :

  • Vers la hausse : la CRE a prévu d’y intégrer le reliquat de l’ancien mécanisme de capacité, ainsi que des ajustements pour régulariser les coûts constatés en 2026.
  • Vers la baisse : la loi de finances pour 2026 prévoit une nouvelle baisse de l’accise en février 2027, d’après la CRE.
  • Le marché : le contrat annuel 2027 cotait 109,61 € par MWh le 16 octobre, contre près de 49 € en février, selon ECOinfos, qui cite des données d’Opéra Énergie.

Ce dernier chiffre n’est pas le prix payé par un foyer. C’est le prix auquel des professionnels s’échangent à l’avance de l’électricité à livrer en 2027, soit près de 11 centimes le kWh, sans réseaux ni taxes. La CRE étale la prise en compte de ces prix sur deux ans, ce qui amortit les variations du tarif sans les supprimer.

Une offre indexée sur le marché peut réagir plus vite. Méfiez-vous de toute prévision chiffrée qui ne donne pas sa méthode.

Ce que vous pouvez faire pour votre facture

Le tarif ne dépend pas de vous, mais votre facture dépend aussi de votre contrat et de votre consommation :

  • Comparez votre consommation à la consommation électrique moyenne d’un foyer. Un écart important est un bon point de départ.
  • Vérifiez votre option : les heures creuses et Tempo n’ont pas le même intérêt selon vos usages. Notre page prix du kWh donne toute la grille actuelle.
  • Lisez une offre de marché jusqu’au bout : le type de prix et sa durée comptent autant que le premier tarif affiché. Voir notre page fournisseur d’électricité.

Les limites de ce tableau

Il décrit un seul tarif : le tarif réglementé en option Base, à 6 kVA, en France métropolitaine continentale. Depuis 2012, l’option Heures creuses a suivi une trajectoire voisine : à 6 kVA, le kWh passe de 13,91 à 21,42 centimes en heures pleines, et de 9,64 à 15,89 centimes en heures creuses.

Il ne décrit pas votre facture. Votre consommation réelle, votre puissance et votre contrat changent le résultat. Les offres de marché suivent leurs propres prix, et notre calcul garde une consommation identique chaque année.

Le fichier de la CRE enfin note un prix TTC par période tarifaire. Un changement de taxe survenu entre deux dates peut donc apparaître avec retard dans le tableau. Le périmètre exclut aussi l’outre-mer, où la fiscalité varie d’un territoire à l’autre, d’après la CRE.

Chiffres vérifiés le 2 novembre 2026. Nous mettons cette page à jour à chaque mouvement du tarif, le prochain étant prévu en février 2027.

Sources

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