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Rentabilité des panneaux solaires en 2026 : combien de temps pour rentabiliser une installation ?

Mis à jour le

En brefDepuis le 5 juin 2026, il n'y a plus de prime et le surplus vendu ne rapporte que 1,1 centime par kWh. D'après notre simulation à prix constant, une installation de 3 kWc à 7 250 € se rembourse en 17 à 30 ans selon la région. Il faut que la maison consomme 40 à 50 % de la production. Dans le nord, il faut plutôt 50 %. Une installation de 6 kWc peu consommée ne se rembourse pas en 30 ans.
Toit de maison entièrement couvert de panneaux solaires, au milieu des champs
Photo : Roy Bury, CC0, via Wikimedia Commons (redimensionnée).

Pour la rentabilité des panneaux solaires, les simulateurs en ligne promettent souvent un remboursement en 7 à 12 ans. Ces chiffres datent pour beaucoup d’avant le 5 juin 2026 : depuis, la prime à l’investissement a disparu et le prix de rachat du surplus a été divisé par près de quatre. Nous avons refait le calcul avec les règles actuelles, en montrant chaque hypothèse.

Ce qui a changé le 5 juin 2026

Pour une installation dont la demande complète de raccordement est déposée depuis le 5 juin 2026, l’arrêté du 1er juin 2026 prévoit :

  • un tarif d’achat de 1,1 centime HT par kWh pour le surplus vendu, augmenté de 2 % par an, sur un contrat de 20 ans ;
  • plus aucune prime à l’investissement.

Avant, une installation de moins de 9 kWc touchait une prime de 80 € par kWc, et son surplus était acheté 4 centimes, d’après la CRE. Pour la Commission de régulation de l’énergie, le nouveau tarif ne permet plus aux installations qui consomment très peu leur propre production « de trouver une rentabilité ».

Un kWh consommé sur place évite d’acheter un kWh au réseau, soit 20,01 centimes en option Base du Tarif Bleu depuis le 1er août 2026. Un kWh vendu rapporte 1,1 centime HT la première année. Au départ, le premier vaut donc environ 18 fois plus que le second, un écart qui se réduit un peu avec l’indexation du tarif d’achat : la rentabilité dépend presque entièrement de la part que vous consommez vous-même.

Combien de temps pour rentabiliser une installation de 3 kWc ?

Nous avons simulé une installation de 3 kWc payée 7 250 €. C’est le milieu de la fourchette publiée par photovoltaique.info : 6 500 à 8 000 € TTC, pose comprise, en 2024. Le tableau donne le nombre d’années avant que les économies et les ventes remboursent l’achat, à prix de l’électricité constant.

Part de la production consommée sur placeLilleParisLyonMarseille
30 %plus de 30 ansplus de 30 ansplus de 30 ansplus de 30 ans
40 %plus de 30 ansplus de 30 ans30 ans23 ans
50 %30 ans27 ans24 ans17 ans

D’après photovoltaique.info, une maison consomme le plus souvent 20 à 40 % de sa production. Pour un foyer qui consomme 4 000 kWh par an, le centre de ressources estime ce taux à 35 à 40 % avec 3 kWc. Dans le nord de la France, l’installation se rembourse donc difficilement en 30 ans, sa durée de vie habituelle. Dans le sud, elle se rembourse si la maison consomme une bonne part de sa production.

Et si le prix de l’électricité augmente ?

Personne ne connaît l’évolution du prix de l’électricité. Nous avons refait le calcul avec une hausse de 2 % par an, à titre d’hypothèse :

Part consommée sur place, hausse de 2 % par anLilleParisLyonMarseille
30 %plus de 30 ansplus de 30 ans30 ans24 ans
40 %28 ans26 ans24 ans18 ans
50 %23 ans20 ans18 ans15 ans

Même dans ce cas, le temps de retour reste long. Une installation se juge alors sur 30 ans, pas sur 10.

Une installation plus grande est-elle plus rentable ?

Pas avec les règles actuelles. Plus l’installation est grande, plus la part consommée sur place baisse. Photovoltaique.info l’estime à 20 à 25 % pour 6 kWc avec une consommation de 4 000 kWh par an.

Nous avons simulé 6 kWc à 12 750 €, le milieu de la fourchette de 12 000 à 13 500 € de photovoltaique.info. Avec 20 à 25 % de la production consommée sur place, l’installation ne se rembourse pas en 30 ans, ni à Lille ni à Marseille, à prix constant. Avec une hausse de 2 % par an, seule l’installation de Marseille se rembourse, en 25 à 30 ans.

Le surplus vendu ne compense pas : à 1,1 centime, 1 000 kWh vendus rapportent 11 € par an. Notre page autoconsommation solaire montre, heure par heure, pourquoi doubler la puissance ajoute très peu d’électricité consommée.

Ce qui rend une installation rentable

  • Consommer en journée : lave-linge, lave-vaisselle, chauffe-eau ou recharge d’une voiture électrique quand les panneaux produisent. Passer de 30 à 50 % de production consommée change tout le calcul.
  • Dimensionner sur sa consommation de journée, pas sur sa consommation annuelle. Photovoltaique.info conseille de croiser la production heure par heure, donnée par PVGIS, avec votre courbe de consommation, que le compteur Linky enregistre.
  • Payer le juste prix : une installation de 3 kWc fait gagner quelques centaines d’euros par an, donc chaque millier d’euros payé en trop ajoute environ trois ans au temps de retour. Comparez plusieurs devis, et consultez notre page prix des panneaux solaires.
  • Profiter de la TVA à 5,5 % quand l’installation y a droit : voir notre page aides pour les panneaux solaires.
  • Un toit bien orienté et sans ombre : une orientation est ou ouest coûte de l’ordre de 20 % de production, selon l’inclinaison et la région. Voir notre page inclinaison et orientation.
Écran d’un compteur Linky affichant 9235 kWh en heure pleine, avec les boutons moins et plus
Le compteur Linky enregistre votre consommation, heure par heure si vous l'activez : c'est la donnée de départ pour savoir quelle part de la production vous consommerez. Photo : Pano38, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons (redimensionnée).

Les coûts à ne pas oublier

  • L’onduleur : d’après photovoltaique.info, son remplacement est à prévoir environ tous les 10 ans. Le centre de ressources conseille de provisionner 0,3 € par Wc, soit environ 900 € pour 3 kWc.
  • L’assurance : 0 à 50 € de plus par an, d’après la même source.
  • La perte de puissance des panneaux : les fabricants garantissent en général 80 % de la puissance initiale après 25 ans, avec une perte de 0,4 à 0,7 % par an.

Une batterie n’améliore pas le calcul aujourd’hui. Photovoltaique.info l’estime à environ 1 000 € par kWh de capacité, et elle se paie avec une TVA à 20 %. Voir notre page kit solaire avec batterie.

Et un kit plug and play ?

Un kit branché sur une prise ne vend rien : sa valeur est l’électricité consommée sur le moment. Il coûte beaucoup moins cher qu’une installation sur le toit, mais produit aussi beaucoup moins. Notre page panneau solaire plug and play calcule son économie réelle selon la consommation de fond du logement.

Méfiez-vous des promesses de rentabilité

Un vendeur qui promet une installation « autofinancée », « remboursée en 8 ans » ou financée par des aides qui n’existent plus calcule avec des règles dépassées. Demandez-lui le taux d’autoconsommation retenu, le prix de rachat et la baisse de production prévus, puis refaites le calcul. Photovoltaique.info propose un outil gratuit pour évaluer un devis.

Notre méthode

Simulation réalisée le 31 octobre 2026 sur 30 ans, durée de vie généralement admise d’une installation d’après photovoltaique.info. Hypothèses :

  • production calculée avec PVGIS 5.3 pour des panneaux plein sud inclinés à 30°, avec 14 % de pertes : 1 062 kWh par kWc à Lille, 1 137 à Paris, 1 281 à Lyon et 1 611 à Marseille la première année ;
  • points de calcul dans PVGIS, au centre de chaque ville : Lille (50,63° N ; 3,06° E), Paris (48,86° N ; 2,35° E), Lyon (45,76° N ; 4,84° E) et Marseille (43,30° N ; 5,37° E) ;
  • baisse de production de 0,5 % par an ;
  • kWh consommé valorisé à 20,01 centimes, prix de l’option Base au 1er août 2026, constant sauf mention ;
  • surplus vendu 1,1 centime HT par kWh, plus 2 % par an pendant les 20 ans du contrat, puis plus rien dans notre calcul, même si les panneaux continuent à produire ;
  • remplacement de l’onduleur la 11e et la 21e année, à 0,3 € par Wc ;
  • part consommée sur place supposée constante pendant 30 ans ;
  • ni crédit, ni assurance, ni frais de raccordement, ni impôts, ni maintenance en plus de l’onduleur.

C’est une simulation, pas une étude de votre maison : votre consommation, votre toit et le prix de votre devis changent le résultat.

Sources

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